Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 08:39

Alice et versa, par la Compagnie Atmosphère (critique de Sarah Elghazi), Off du Festival d’Avignon 2009, Présence Pasteur à Avignon 

Lointain intérieur

 

« Alice et versa », quelles jolies sonorités… Alice inversée, renversée, versatile… En entrant dans la salle Pasteur, on s’attend certes à une reprise en main du roman de Lewis Carroll, si possible éloigné de toute sucrerie façon Disney… Mais je ne m’attendais pas à ce que la main soit si légère, ni à ce qu’elle aille si loin, avec cette idée géniale de consacrer comme nouvelle Alice une jeune femme moderne, qui doute et qui, à l’occasion d’une errance monstrueuse et créatrice, va se reconstruire.

 

Dès l’introduction, petit bijou de chorégraphie minimaliste, Marie Liagre et sa comédienne, Gaëlle Fraysse, font mouche. La violence de l’ordinaire, celle de la société, de son rythme inhumain, de son absurde métro-boulot-dodo se dévoile grâce au grain de folie d’une mise en scène qui tout à coup s’emballe. Elle fera sauter une à une toutes les résistances d’Alice, personnifiées dans la figure à la fois grotesque, émouvante et effrayante de sa mère. Tendre ogresse, celle-ci aspire l’existence et la parole d’Alice, et confie dans une logorrhée sans fin sa déception, son incompréhension, son attachement maladif à sa fille… qui ne rêve que de s’enfuir, d’évoluer « contre » ses parents et « contre » le monde, avec toute l’ambiguïté que ce mot contient. Elle accomplira ce désir fou en poursuivant un lapin blanc revisité, aux allures de clown blanc à la liberté irrésistible.

Le pas fatal enfin franchi, Alice évolue, hésite, grandit, rapetisse, mélange ses mots, quitte son carcan vestimentaire et social, croise nombre de créatures qui la poussent à remettre en question cette vision univoque de la vie qui la déçoit tant. Ainsi que l’avait souhaité sa conceptrice, Alice et versa s’appréhende avant tout comme un spectacle visuel. La poésie de cette histoire, qui évoque avec onirisme et pudeur la difficulté de grandir, est vécue dans un mouvement perpétuel, un monde scénique en constante évolution, portée par une musique originale qui soutient et développe les pensées des personnages, au-delà des mots. Un drap blanc qui se gonfle et remplit l’espace, ou le dévoile selon les besoins de la scène, évoque tour à tour une inquiétante forêt, un univers livide ou le ventre d’une mère trop possessive, dont on cherche désespérément, douloureusement, à s’arracher… À l’issue de cette traversée des origines, Alice s’accouche elle-même, enfin s’accomplit, ose prendre de la hauteur, comme dans la magnifique rencontre qui clôt le spectacle.

 

Ce voyage initiatique, porté à bout de bras par trois superbes comédiens, provoque par son épure, son humour délicat et la richesse de ses inventions une rare qualité d’écoute et d’émotion dans le public. Les enfants sont là, aux aguets, attirés par le souvenir du lapin blanc et de sa montre, de la chenille amnésique et de la forêt polymorphe vus dans le dessin animé. Le spectacle qu’ils découvrent va susciter chez eux une foule de réactions, de l’incompréhension – qui s’éclaire petit à petit – à l’éclat de rire communicatif. Une fois n’est pas coutume, les adultes qui les accompagnent partagent sincèrement cet enthousiasme. Cette Alice new age, héroïne expressive et tout sauf lisse, ne nous impose rien. Et suscite tout simplement l’envie de la suivre dans son délire salvateur… 

 

Sarah Elghazi

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


http://www.lestroiscoups.com/article-34466143.html
Par Marie Liagre - Publié dans : La presse en parle
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 14:44

Avignon donne de l'air à Atmosphère théâtre

Publié le vendredi 31 juillet 2009 à 06h00

Pendant un mois, Atmosphère théâtre était au festival d'Avignon pour présenter « Alice et versa », jouée en avant-première à Bondues. Une expérience très positive pour Marie Liagre, metteur en scène.



AMANDINE SELLIER > amandine.sellier@nordeclair.fr

Dans quelles conditions êtes-vous partis pour le Festival d'Avignon ?


>> Nous avons été sélectionnés par le conseil régional avec 4 autres compagnies pour le festival off. Nous étions tous ensemble à Présence Pasteur, un lieu loué par le conseil régional où il y a plusieurs salles de spectacles. Nous jouons dans une grande salle de 140 places. Sur scène depuis le 8 juillet, nous avons joué 21 représentations, c'est-à-dire tous les jours sauf le mercredi, jour de relâche.

Pas trop fatigués ?
>> Un peu, mais c'est surtout une belle expérience et une énorme chance. Jouer 21 fois d'affilée c'est déjà unique. C'est excellent pour les comédiens, ça permet de peaufiner, de roder le spectacle.

Le festival est connu pour ses nombreux spectacles, pas trop dur de jouer face à une telle concurrence ?
>> Quand on se lève le matin, on se dit qu'on a 999 concurrents face à nous... Mais ce qui est vraiment sympa c'est que Présence Pasteur est un lieu clairement identifié comme celui des compagnies du Nord - Pas-de-Calais, et les spectateurs s'y retrouvent. Entre les compagnies, on se connaît tous plus ou moins bien, on partage des moments forts, on s'aide pour la technique, il y a une belle solidarité. Car il y a 8 spectacles par jour, on a un créneau de 2h pour monter, jouer, démonter !

C'est votre première fois à Avignon ?
>> J'étais déjà venue en tant que comédienne, mais en tant que metteur en scène d'Atmosphère théâtre il fallait avoir deux créations pour bénéficier du dispositif de la Région. Alice et Versa est notre deuxième création et participer à Avignon est une belle opportunité. Le festival est aussi un marché du spectacle vivant, en étant ici on touche des gens qui ne nous auraient jamais vus jouer.

Justement quel accueil avez-vous eu des professionnels ?
>> 98 professionnels sont venus voir Alice et nous ont fait des retours plutôt positifs. Les contrats ne se signent pas à la fin du spectacle, mais plusieurs lieux nous ont dit qu'ils avaient beaucoup aimé et qu'ils étaient intéressés pour nous programmer la saison prochaine. Le festival nous ouvre même à l'international : nous avons des contacts avec l'Italie et Jérusalem !

Et au niveau du public, comment
« Alice et Versa
 » a été reçue ? >> Le public avignonnais était au rendez-vous, il a la particularité d'être très mixé avec de passionnés de théâtre, des familles en vacances, des locaux. Le bouche à oreille a très bien marché, on a démarré doucement à une quinzaine de spectateurs, puis 30 et à partir de ce jour-là on s'est maintenu autour d'une soixantaine de spectateurs.
C'est super !

Vous êtes metteur en scène mais aussi jeune maman, comment ça se passe à ce niveau à Avignon ?
>> Ma petite-fille a fêté ses 6 mois à Avignon. La comédienne qui joue Alice, Gaëlle Fraysse, a aussi ses deux enfants avec elle, ça se passe très bien, même si c'est moins évident pour aller voir des spectacles à la fin de la journée. Mais ça se gère bien car Avignon c'est aussi très stressant, avoir sa famille avec soi ça fait du bien, ça permet de prendre du recul.

ÉCLAIRAGE

Atmosphère théâtre lance un appel aux bénévoles pour les Fortissimales Pour finir la soirée des Fortissimales, le 26 septembre, en apothéose, la Ville a missionné la compagnie Atmosphère théâtre pour concevoir et mettre en scène un spectacle visuel de 30 minutes. Ce final créé à partir de la « Grande symphonie » de Berlioz met en image le rapport entre l'homme et les 4 éléments (terre, eau, air et feu). Pour mener à bien sa mission, Marie Liagre aurait besoin d'une trentaine de bénévoles enthousiastes pour soit : manipuler un serpent de mer (12 personnes), incarner les hommes feu (15 personnes), agiter une mer immense (20 personnes), tirer la charrette d'un dragon (4 personnes). Trois soirs de répétitions sont déjà prévus dans la semaine du 21 au 26 septembre 2009. La participation est ouverte tous, à partir de 15 ans, seul ou en famille, pas besoin d'avoir une expérience dans le théâtre. Pour s'inscrire, renvoyer le coupon d'inscription disponible sur internet (www.bondues.fr) par courrier ou par mail.  Marie Liagre : 03 20 52 81 98, 31 rue des Glycines, 59 000 Lille marie.liagre1@aliceadsl.fr


http://www.nordeclair.fr/Locales/Tourcoing/Environs/2009/07/31/avignon-donne-de-l-air-a-atmosphere-thea.shtml

Par Marie Liagre - Publié dans : La presse en parle
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 08:30

Un théâtre du « ressenti » avec le très poétique « Alice & Versa »




Photo D. Bokalo
Sur scène, trois comédiens interprètent tout en finesse les personnages inspirés par le conte de Lewis Carroll.

Compagnie basée entre Lille et Lezennes, Atmosphère Théâtre présente « Alice & Versa » dans la programmation « Off » d'Avignon.

Une proposition poétique qui ravit les spectateurs autant que les programmateurs.
C'est un moment suspendu dans le temps, qu'on nous annonçait à destination du jeune public. Pourtant, si Alice & Versa est proposé dès 6 ans, les adultes y prennent également du plaisir. « Quand je crée un spectacle, je ne me demande pas à qui je vais m'adresser, explique Marie Liagre, metteur en scène. Il y a de multiples lectures. » Du plus petit, qui s'amusera du lapin blanc, d'une scène basée sur le comique de répétition lorsqu'il boit le thé avec Alice, aux adultes, qui y verront un côté plus initiatique voire psychanalytique, Alice & Versa est en tout cas en train de séduire le public avignonnais. Le bouche à oreille fonctionne, pour une compagnie créée en 2001 et qui présente là son deuxième spectacle.
Accompagnée par la Région, Atmosphère Théâtre se produit pour la première au festival. Marie Liagre, elle, n'en est pas à son premier Avignon, en tant que comédienne à l'époque. Car l'artiste multiplie les expériences, qu'elle choisit « au coup de coeur », précise-t-elle. C'est ce qui l'a menée, par exemple, à imaginer la mise en scène des concerts des Blaireaux, ou encore celle d'une comédie musicale en Indonésie. En travaillant toujours moins sur les mots que sur le visuel.


« Suggérer plus
que montrer »

Avec Alice & Versa, Marie Liagre propose un théâtre de gestes et d'objets, dans une pièce librement inspirée du conte de Lewis Carroll. « Ce qui m'intéresse, c'est le ressenti, commente-t-elle. Comprendre nous rassure, mais de temps en temps, c'est bien de n'avoir que la sensation. L'idée est de développer un langage de l'ordre du coeur à coeur, qui peut éviter le passage par la tête... » Pour cela, de jolies trouvailles de mise en scène, de la musique brillamment composée par Maxence Vandevelde, des comédiens expressifs qui parviennent, en s'appuyant sur très peu de texte à transmettre des émotions, des sensations.
« On cherche à suggérer plus qu'à montrer », poursuit Marie Liagre, avant d'ajouter en souriant : « Je suis un échec scolaire ! La relation aux mots est compliquée pour moi. Pendant toutes ces années, j'ai nourri l'idée que je dirais les choses autrement. » Son langage à elle utilise le corps, les expressions du visage, les objets, la scénographie, « avec un maximum de moyens, l'idée est de produire un maximum d'effet ».
Et ça fonctionne. En une dizaine de jours, la compagnie Atmosphère avait déjà attiré environ 35 programmateurs. Quant au public, il sort sous le charme de cet univers onirique, d'un moment suspendu dans le temps pendant lequel on se laisse mener par le lapin, Alice ou la chenille, à la recherche de bribes de notre enfance, ou d'une signification plus profonde sur notre monde intérieur.
MARIE TRANCHANT
http://atmospheretheatre.site.voila.fr

http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/2009/07/22/un-theatre-du-ressenti-avec-le-tres-poet.shtml

Par Marie Liagre
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Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 08:17

Avignon : cinq compagnies régionales dans le festival « off »

Chaleur et soleil de plomb (une moyenne de 38 °C ces derniers jours), affluence habituelle et foutraque dans une ville transformée en théâtre permanent jusqu'à pas d'heure dans la nuit, et pas seulement place de l'Horloge au pied du palais des Papes. Entre le « in » prestigieux, vitrine de ce qui se fait de mieux dans la création artistique et les quelque neuf cents (!) spectacles du « off », la soixante-troisième édition du festival d'Avignon bat son plein jusqu'au 29 juillet.

PAR JEAN-MARIE DUHAMEL

lille@lavoixdunord.fr C'est justement dans le cadre du « off » que cinq compagnies de la région ont pu faire le voyage grâce à l'opération initiée par le conseil régional Nord - Pas-de-Calais. Un accompagnement mené pour la neuvième année consécutive (budget : 260 000 euros), à la fois indispensable et nécessaire : pour elles toutes, un tel déplacement serait impossible expliquent d'une seule voix Stéphane Boucherie (le Théâtre de l'Embellie) et Stéphane Frimat (L'Oiseau Mouche). Les premiers présentent Le Pays de rien, joli conte jeune public à trois comédiens, les seconds Une Odyssée, reprise d'un spectacle créé l'automne dernier à Roubaix. L'opportunité pour cette compagnie à nulle autre pareille - qui vient de marquer son trentième anniversaire -, de réaffirmer son travail unique en France, où la troupe est constituée d'handicapés mentaux, néanmoins authentiques comédiens.

Hasard et coïncidence des sélections de cette année : quatre des cinq compagnies s'adressent au jeune public. Exemple accompli : Alice et versa, écrit et mis en scène par Marie Liagre (Atmosphère Théâtre) venue avec son bébé de six mois. Une reprise, ici encore, d'un spectacle créé à Bondues, version poétique, onirique et actualisée de Lewis Carroll. Alice y est une jeune femme d'aujourd'hui confrontée au temps qui passe et à l'accompagnement de sa mère vieillissante. Comédienne identifiée depuis déjà quelques années, actuellement en compagnonnage au Channel de Calais, Anne Conti quant à elle, est venue présenter Infiniment là : seule en scène accompagnée de trois (excellents) musiciens, elle livre avec fougue et beau talent une petite heure de théâtre en chanson, en musique et en poésie sur le temps qui passe, l'angoisse de tout abandonner... (« aimer est tango argenté, tango déjanté »). Un spectacle qui résonne pour elle avec un accent autobiographique : la mort accidentelle d'un frère il y a dix ans. Anne Conti occupe jusqu'au 28 juillet le Petit Théâtre du Chien qui fume, l'un des multiples espaces de scène qui s'ouvrent dans Avignon le temps du festival. Les autres productions régionales (on n'oubliera pas Le Journal de grosse patate de La Manivelle) sont installées à l'espace Pasteur : au coeur de la ville, un petit territoire convivial et accueillant, avec plusieurs salles de spectacles, une cour ombragée où il fait bon se retrouver pour discuter, prendre rendez-vous.

D'autres artistes régionaux, compagnies ou comédiens individuels sont venus dans le « off » hors du dispositif du conseil régional. Avec, pour chacun, l'espoir d'être remarqué par un producteur. •

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2009/07/22/article_avignon-cinq-compagnies-regionales-dans.shtml

Par Marie Liagre - Publié dans : La presse en parle
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 08:53
Par Marie Liagre
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